Étudiants & Entrepreneurs : Arthur et Pierre lancent l'application web Haru

La Web School Factory vous présente sa promotion d’étudiants entrepreneurs au travers de portraits d’étudiants qui ont fait le choix en cinquième année d’école d’opter pour un cursus en entrepreneuriat. Présentation d’Arthur Roudillon et Pierre Lange, co-fondateurs de Haru.

Qui êtes-vous et quel a été votre parcours étudiant ? 

 

Pierre : Nous sommes tous les deux nés en 1992, nous avons été à la fac pendant 3 ans avant d’intégrer La Web School Factory. J’ai fait une licence d’économie à Orsay et Arthur un DUT gestion des entreprises et des administrations à Sceaux. 

 

Arthur : On ne se connaissait pas mais on a sympathisé dès le premier jour de rentrée à La Web School Factory. Il faut dire que la moitié de la promo venait de passer son bac, l’autre moitié, comme nous, avait commencé des études secondaires. On s’est d'abord tournés vers des personnes qui avaient à peu près notre âge. Ensuite, tout a très bien fonctionné entre nous. On s’est très bien entendu, on a très bien travaillé ensemble, on était aussi impatients l’un que l’autre de passer aux choses concrètes et de ne pas se limiter à la phase d’intellectualisation et à l’idéation pour les projets sur lesquels on travaillait.

 

 

Quelles Majeures avez-vous choisi ? Quels souvenirs marquants gardez-vous de vos années à La Web School ? 

 

Pierre : J’ai choisi la Majeure Technologies Numériques mais c’est un choix qui a été difficile car si j’avais pu faire les trois Majeures possibles (Tech, Marketing et Design), je l’aurais fait. J’ai toujours manifesté une très grande curiosité dans ces trois domaines, c’est mon côté touche-à-tout. J’ai toujours envie d’apprendre de nouvelles choses. La Web School Factory permet tout de même de continuer à suivre des modules très différents dans plusieurs matières (Tech bien sûr mais aussi marketing, design et même juridique, comptable, etc.). L’enseignement m’a très bien convenu ! Mon souvenir le plus marquant de ces années d’école reste un cours de design en 3ème année. Au terme de son cours, notre intervenant a demandé à un étudiant de lancer un œuf sur le tableau, pour nous rappeler que le plus important c’est le factuel et non pas la réflexion seule. L’élaboration de théories, sans mise en pratique derrière, est vaine. On ne fait pas d’omelettes sans casser les œufs. 

 

Arthur : Je n’ai pas eu pour ma part de frustration sur la Majeure. J’ai choisi Marketing et c’était un vrai choix que je ne regrette pas. J’ai toujours été hyper intéressé par le marketing que je considère un peu comme de la sociologie appliquée à l’entreprise. Mon cours préféré c’était aussi en 3ème année, un module de Marketing fondamental ultra-riche. Quand on a fini ces 8 heures de cours, j’ai compris que je devrais y consacrer des mois de relecture pour bien comprendre et assimiler tout ce qui avait été dit. Sinon, mes souvenirs les plus marquants, ce sont les rendus de projets. Je garde toujours un bon souvenir de toutes les fois où je suis sorti de soutenance, fier de moi, parce que j’avais fait un bon boulot. 

 

  

Que faites-vous ? Quel est votre projet ? Son nom ? Le concept ? 

 

Pierre : Nous sommes tous les deux fans de musique électro et house. C’est d’ailleurs cette passion qui est au cœur de notre projet entrepreneurialNotre projet s’appelle Haru, ce qui veut dire printemps en japonais et induit donc une idée de renouveau.

  

Arthur : C’est un porte d’entrée sur la culture événementielle musicale et festive en région parisienne. On s’inscrit dans un mouvement de renouveau de la fête qui a lieu en ce moment et se traduit par une ouverture de nombreux lieux, le lancement de collectifs de passionnés. Concrètement, on propose une appli web qui référence, parmi 700 organisateurs et lieux parisiens, tout ce qui se passe sur la scène musicale en Île-de-France. Notre solution permet de faire une recherche très approfondie car nous proposons 70 critères de sélection : gratuit, proche de chez soi, tel type de musique, etc. C’est un peu à la fois un guide lifestyle, un agenda et une plateforme de streaming car nous proposons pour chaque évènement un extrait musical afin de se faire une idée. Il faut savoir que, dans ce milieu là, tout est construit pour un public d’initiés et d’experts.  Nous, on s’occupe de ceux qui ne connaissent pas la différence entre la House et la Techno mais qui savent ce qu’ils aiment quand ils peuvent écouter un morceau. 

haru logo

haru application web

L’histoire de ce projet en quelques mots ?

 

Arthur : Lors de notre 3ème année, pendant notre semestre à l’étranger, j’étais au Vietnam et Pierre en Australie. Alors qu’on était à distance, on a émis le souhait de lancer un projet l’année suivante car on voulait travailler ensemble et passer aux choses concrètes. Lorsque nous sommes rentrés, avant de partir en stage, nous en avons parlé à notre directeur pédagogique, qui a évoqué l’idée d’aménager une partie la 4ème année pour que nous puissions développer notre projet. Nous avons poursuivi notre 3ème année en partant en stage pour un semestre à Montréal. Nous travaillions tous les deux dans la même start-up. C’était pour nous l’occasion de tester le milieu start-up, le fonctionnement de notre binôme sur un projet professionnel concret, et de savoir comment développer un projet à son tout début. On a appris beaucoup de choses même si le stage ne s’est pas très bien passé. Un jour, on s’est rendu compte que nous faisions tourner la boîte et tenions tout le projet. On s’est dit autant le faire sur le nôtre ! On a alors demandé à l’école si l’on pouvait changer d’entreprise et faire un autre stage ailleurs. À notre grande surprise, La Web School Factory nous a proposé de travailler sur notre propre projet. Il faut dire que pendant notre séjour au Canada, on avait peaufiné notre idée et on avait envoyé une présentation détaillée. De retour en France, on a pu rejoindre la promotion de l’incubateur du campus de l’Innovation Factory.

 

 

Sur quoi travaillez-vous actuellement ? 

 

Arthur : Nous avons fini la phase test avec les étudiants de La Web School et avons ouvert notre application au public fin mars. Trois semaines plus tard, notre projet a été complètement bousculé par le scandale Facebook Analytica qui a conduit Facebook à fermer son API event. 

 

Pierre : Il s’agit d’une interface de programmation mise à disposition par Facebook qui contient toute la donnée issues des informations publiques Facebook des pages « event ». Jusqu'à présent, Facebook les partageait pour que d’autres services puissent les remanipuler et en faire de nouveaux services. Dans la bataille, on a perdu notre outil de sourcing qui nous permettait de recenser tous les évènements à venir. 

 

Arthur : Cette affaire nous a permis de poser la question de notre dépendance à Facebook. Pour faire sans, nous devons trouver une solution de sourcing qui soit une véritable alternative. Deux possibilités s’offrent à nous : le sourcing collaboratif auprès de passionnés ou la mise en place d’une plateforme pour les organisateurs et le public grâce à la coopération de tous les acteurs. Ce revirement de Facebook a impacté l’ensemble des acteurs du monde de la culture qui prend conscience aujourd’hui qu’il ne peut et ne doit pas dépendre d’un seul acteur. On s’est donc appuyé sur notre réseau pour contacter les personnes concernées (collectifs, labels, associations, producteurs) avec pour objectif de se rencontrer, s’entraider et éventuellement créer une alternative pour le public et les organisateurs. Nous avons créé le groupe « Les orgas de la nuit parisienne ». En quelques jours, 94 acteurs nous ont rejoint. Nous recevons des réponses encourageantes d’acteurs conscients de la problématique, vraiment intéressés, y compris de la part d’acteurs auxquels on n’en aurait pas attendu tant. On constate une réelle volonté d’implication chez certains pour construire une véritable alternative à Facebook.

 

 

La prochaine étape, c’est quoi et quand ?

 

Pierre : Nous allons nous réunir pour identifier ce qui pose problème et pourquoi pas créer une plateforme de centralisation des informations qui pourraient finir sous la forme d’une API pour la scène parisienne. 

 

 

Pourquoi avoir opté pour l’entrepreneuriat ? Comment cela fonctionne-t-il ?

 

Pierre : L’entrepreneuriat, c’est une opportunité que l’on aura peut-être pas plus tard. Surtout que l’on évolue ici dans des conditions idéales qui nous permettent de bénéficier d’un coach, d’un suivi, d’un accompagnement, d’un réseau, etc. 

 

Arthur : On avançait notre projet à côté de nos activités scolaires. Mais la 4ème année, c’est aussi de très nombreux projets de groupe en gestion de projets, fiscalité, business plan, etc. On travaillait par groupe de 4 personnes. Nous en avons profiter pour faire de notre projet un cas pratique et nos camarades de promo aimaient bien bosser avec nous sur un projet concret et réel. Les intervenants aussi appréciaient de pouvoir aider à son développement. 

 

Pierre : Pour cette 5ème année, nous avons 1 semaine de cours et 3 semaines d’autonomie, avec un coaching de 30 heures avec nos mentors. Après quelques mois de flou, nous avons trouvé notre rythme. Le moment décisif pour nous a été lorsque l’on a  choisi d’avoir un mentor référent, Valérie Paire, à qui l’on consacre la moitié de nos horaires de mentorat et qui suit véritablement Haru. Cela a été une véritable réappropriation de notre aventure entrepreneuriale. Ce modèle de suivi, que l’on a initié, a depuis été choisi par l’école et adopté par nos camarades de promo qui suivent le même parcours que nous. Le cursus entrepreneuriat est en perpétuelle évolution, il s’améliore de manière constante grâce à un staff très à l’écoute. 

arthur roudillon pierre lange haru

Être un étudiant entrepreneur, c’est comment ?

 

Pierre : La qualité indispensable pour suivre ce cursus, c’est la discipline. Il y a des moments où l’on se sent plus étudiant et d’autres où l’on se sent plus entrepreneur. Ça fluctue tout le temps, tant au regard du statut que de l’état d’esprit. De manière générale, on oublie plus souvent le côté étudiant. Or, nous avons des obligations de ce côté-là et si l’on ne gère pas bien les choses et qu’on l’est n’est pas suffisamment organisé, on arrivera à la fin de l’année avec une montagne de travail à abattre pour décrocher le diplôme.

 

Arthur : Je n’ai jamais été aussi curieux et content d’aller en cours que depuis que j’ai mon propre projet. Même les trucs qui ne m’auraient pas du tout intéressés trouvent grâce à mes yeux parce que je sais que j’en ai besoin et je me demande comment ça va servir au développement de Haru. Je vois tout à travers le prisme de mon projet et ça a réellement changé ma scolarité. Et tout le monde est gagnant : les intervenants aiment qu’on les questionne en partant de problèmes concrets rencontrés sur nos projets, nos camarades de classe aussi. C’est enrichissant pour tout le monde.

 

 

Que diriez-vous à un étudiant qui hésite à choisir le cursus entrepreneuriat ?

 

Arthur : Le cursus entrepreneuriat est un format très valorisant, même si on n’a pas un projet béton et que l’on ne monte pas une licorne qui va rapporter des millions. Un cursus entrepreneuriat raté, c’est un cursus où on a fait semblant de travailler pendant qu’on jouait aux jeux vidéo. Si on a suffisamment travaillé, qu’on avait l’envie de réussir, qu’on a fait de son mieux, ce sera forcément une réussite, même en cas d’échec du projet. 

 

Pierre : Le cursus entrepreneuriat est une opportunité formidable. C’est le meilleur moment pour échouer aussi. On n’a pas encore d’enjeux financiers derrière. 

 

Découvrez La Web School Factory !
L'école d'un genre nouveau !
Je télécharge la brochure